dimanche 25 juillet 2021

Nirupana 140 – Nous ne sommes d’aucune utilité pour nous-même


De son vivant, un sage doit endurer la souffrance. Quand il meurt, des mémoriaux sont construits en son honneur. Les gens expriment alors une grande dévotion à son égard. Pourquoi en est-il ainsi ? Parce que les gens vénèrent la renommée.

 

Après la réalisation du Soi, il ne reste plus d’individualité dans la conscience. Antérieurement à la naissance, tout comme après le décès, l’état véritable du Jnani reste toujours le même. La véritable nature reste toujours la même. Ce qui est apparu prendra fin, assurément. Celui qui a cette connaissance n’en a aucune utilité, bonne ou mauvaise. Quoi que ce soit qui arrive, que vous l’aimiez ou non, vous n’en ferez plus l’expérience. Ceci n’empêche pas à un être humain de désirer la joie éternelle.

 

Si une personne occupant une haute fonction est présentée à un homme ordinaire, ce dernier aura des attentes. Un Jnani n’a de désirs d’aucune sorte pour quelque avantage que pourrait lui procurer quelqu’un. Qu’est-ce qu’un Jnani ? Il n’est rien. Il n’a pas de nom, pas de forme, rien du tout.

 

La conscience est la caractéristique des cinq éléments. Aussi est-elle liée intimement à eux. La conscience est attachée à elle-même, mais le Jnani n’en a plus le besoin.

 

Quelqu’un gagne beaucoup d’argent à la ville. De retour à son village, il construit une maison. Il meurt après la cérémonie d’inauguration de la nouvelle maison. N’ayant pas d’héritier, la maison va au gouvernement.

 

Il en est de même pour Maya. Cela ne veut pas dire qu’il faut rester sans rien faire du tout. Mais quel est le futur de cette action, et quel est le futur d’une personne ? Ceci doit être compris précisément. Nous ne sommes d’aucune utilité pour nous-même. Le Jnani a connaissance de cela.

 

Ceci est notre état naturel – on vous parlera rarement de ceci. La plupart des enseignants vous diront de faire quelque chose. Ils ne vous diront pas que, quels que soient les efforts que quelqu’un fait, cela reste insignifiant. Au sein du monde physique, la compétition donne du sens à la vie. Avec un discours tel que le mien, il n’y aura plus ce charme à la vie. Un jnani parle rarement parce que ce qu’il dit chasse l’ambition des gens. Le détachement signifie la compréhension que toute chose est vaine. La compassion et l’amour sont naturellement présents. Il s’agit de la nature de la conscience. Ce n’est pas de votre fait.

 

Nisargadatta Maharaj

 

Dimanche 11 novembre 1979

 

Extrait de « Méditations avec Sri Nisargadatta Maharaj » aux éditions Aluna 

jeudi 3 juin 2021

Nouveau livre en français

Connu comme un Sage hindou réalisé, Nisargadatta est maintenant généralement reconnu pour être classé parmi les plus grands maîtres exposant les enseignements de l'Advaïta.
Dans ce dernier ouvrage, la profondeur et la subtilité du traitement du sujet combinée avec l'approche étroitement raisonnée, font de ces dialogues des ouvres pratiquement inégalées dans la littérature spirituelle.
Tel un miroir, Nisargadatta Maharaj nous amène ici face à l'image que nous nous faisons de nous-même et qui n'est absolument pas celle de la Réalité, de l'Un, immuable et ultime. Au fil de ces entretiens, il enjoint de voir clairement et lucidement ce qui n'est qu'une illusion, un mirage.
Il dit et redit avec force à tous ceux qui le visitent : « Ce qui vous lie, c'est de vous prendre pour ce que vous n'êtes pas ».
Dans ces paroles qui datent de la dernière année de sa vie, Maharaj va plus loin qu'il n'a jamais été ; ainsi, il déclare : « Cette connaissance de "je suis" ou d'"être" est un manteau d'illusion sur l'Absolu ». Maharaj revient encore et encore au concept/vérité du « rien », nothingness, lequel traduit la non-dualité la plus absolue qui soit. Ce rien n'est ni néant, ni plénitude, car il les transcende tous deux.
Un point est frappant chez Maharaj : son absence absolue de toute tentative de conciliation, de tout compromis envers son interlocuteur.
Nous sommes ici, très certainement, au cour même du Cour de la non-dualité, dans sa forme la plus pure et la plus authentique qui soit. 

EDITIONS ACCARIAS L'ORIGINEL 

dimanche 21 mars 2021

Entretien 64 (Je Suis)

 

Quand le mental est maintenu éloigné de ses préoccupations, il devient silencieux. Si vous ne troublez pas cette tranquillité et que vous demeurez en elle, vous découvrirez qu’elle est pénétrée d’une lumière et d’un amour que vous n’avez jamais encore connus et, pourtant vous la reconnaîtrez immédiatement pour votre véritable nature. Quand vous serez passé par cette expérience, vous ne serez plus jamais le même homme. Le mental, qui ignore toute règle, peut briser cette paix et obscurcir cette vision, mais leur retour est certain à condition que l’effort soit soutenu jusqu’au jour où, tous les liens étant rompus, les illusions et les attachements cessent et la vie devient supérieurement concentrée dans le présent. Sachant avec une certitude absolue que rien ne peut vous troubler hormis votre propre imagination, vous devenez alors indifférent à vos désirs et peurs, vos concepts et idées, et vous vivez selon la seule Vérité.

Extrait de « Je Suis », Edition des Deux Océans, 1982