Connu comme un Sage hindou réalisé, Nisargadatta est maintenant
généralement reconnu pour être classé parmi les plus grands maîtres
exposant les enseignements de l'Advaïta.
Dans ce dernier ouvrage, la profondeur et la subtilité du traitement
du sujet combinée avec l'approche étroitement raisonnée, font de ces
dialogues des ouvres pratiquement inégalées dans la littérature
spirituelle.
Tel un miroir, Nisargadatta Maharaj nous amène ici face à l'image
que nous nous faisons de nous-même et qui n'est absolument pas celle de
la Réalité, de l'Un, immuable et ultime. Au fil de ces entretiens, il
enjoint de voir clairement et lucidement ce qui n'est qu'une illusion,
un mirage.
Il dit et redit avec force à tous ceux qui le visitent : « Ce qui
vous lie, c'est de vous prendre pour ce que vous n'êtes pas ».
Dans ces paroles qui datent de la dernière année de sa vie, Maharaj
va plus loin qu'il n'a jamais été ; ainsi, il déclare : « Cette
connaissance de "je suis" ou d'"être" est un manteau d'illusion sur
l'Absolu ». Maharaj revient encore et encore au concept/vérité du « rien
», nothingness, lequel traduit la non-dualité la plus absolue qui soit.
Ce rien n'est ni néant, ni plénitude, car il les transcende tous deux.
Un point est frappant chez Maharaj : son absence absolue de toute
tentative de conciliation, de tout compromis envers son interlocuteur.
Nous sommes ici, très certainement, au cour même du Cour de la
non-dualité, dans sa forme la plus pure et la plus authentique qui soit.
Pour faire connaissance avec le témoignage de l'un des plus grands sages de notre temps
jeudi 3 juin 2021
Nouveau livre en français
dimanche 21 mars 2021
Entretien 64 (Je Suis)
Quand le mental est maintenu
éloigné de ses préoccupations, il devient silencieux. Si vous ne troublez pas
cette tranquillité et que vous demeurez en elle, vous découvrirez qu’elle est
pénétrée d’une lumière et d’un amour que vous n’avez jamais encore connus et,
pourtant vous la reconnaîtrez immédiatement pour votre véritable nature. Quand
vous serez passé par cette expérience, vous ne serez plus jamais le même homme.
Le mental, qui ignore toute règle, peut briser cette paix et obscurcir cette
vision, mais leur retour est certain à condition que l’effort soit soutenu
jusqu’au jour où, tous les liens étant rompus, les illusions et les
attachements cessent et la vie devient supérieurement concentrée dans le
présent. Sachant avec une certitude absolue que rien ne peut vous troubler
hormis votre propre imagination, vous devenez alors indifférent à vos désirs et
peurs, vos concepts et idées, et vous vivez selon la seule Vérité.
Extrait de « Je Suis »,
Edition des Deux Océans, 1982
mardi 9 mars 2021
Entretien du 05 juin 1981 (extrait)
Maharaj : Maintenant, vous savez que vous êtes. Comment est-ce arrivé, qu’est-ce qui vous fait savoir que vous êtes ? Il faut aller à la source. Il y a cent ans, vous ne saviez pas que vous existiez. Aucun problème alors. Maintenant, à cause de ce savoir, les problèmes ont commencé. C’est à cause du corps que cet «être-moi» a fait son entrée, donc que savons-nous du corps et de ce « sens du Je » ? »
Visiteur : Quand le corps s’effondre, quand la personne est morte, est-ce que la mémoire et la conscience continuent ?
M. : La conscience et la mémoire sont toutes deux des qualités du corps sustenté par la nourriture. Sans le corps il n’est pas question qu’elles continuent. L’« être-moi » est une qualité du corps sustenté par la nourriture, mais le vrai Soi est autre chose.
Visiteur : Turiya (état de conscience suprême) qu’est-ce que c’est ?
M. : Turiya veut dire que vous seul restez, rien d’autre. Tant que vous savez que vous êtes, tout est. Apprenez ce que vous êtes et vous aurez toutes les réponses ; découvrez l’origine du corps et de cet « être-moi ». Découvrez tout cela et vous saurez ce que vous êtes.
Tout ce qui change n’est pas votre Soi ; ce corps-esprit change constamment. Il n’était pas là, il est arrivé, il va disparaître. Il n’est pas vous. Découvrez ce que vous êtes.
C’est la conscience qui est importante. Concentrez-vous sur la conscience. Voilà ce qu’est la méditation, méditez et la conscience vous dira tous ses secrets. La conscience aime cet amour-de-soi. Concentrez-vous sur la conscience seulement, vous apprendrez à la connaître. Si vous vous intéressez au monde alors vous ne vous intéressez pas à la conscience. Intéressez-vous seulement à elle, alors elle vous dévoilera tous les secrets et alors vous saurez ce que vous êtes. Ce « vous » saura qui vous êtes, mais cet aperçu signifie conscience pure et, là, il n’y a plus de « Je ».
La méditation c’est se regarder. Être dans la conscience, sans rien d’autre, c’est la connaissance sans langage que vous ÊTES. Il y aura des pensées mais de plus en plus faibles, seul le sens d’être, d’étant, continuera : seulement la conscience, sans activité aucune. Se regarder agir, par exemple observer sa colère, est, à un niveau inférieur, celui de l’identification au corps-esprit.
Extrait de Conscience et Absolu, Editions Les Deux Océans 1997


