mardi 10 avril 2018

Nouveau livre en français : MEDITATIONS AVEC SRI NISARGADATTA MAHARAJ





Les éditions Aluna dirigées par Jean-Pierre Chometon viennent d'éditer un  nouveau livre de Nisargadatta Maharaj. Le traducteur en est Jean-Philippe Deconinck.

Voici ce qu'en dit José Le Roy sur son site :


La publication d'inédits de Maharaj est toujours un événement car Maharaj est un des plus grands maitres du XXème siècle.
Ces entretiens couvrent la période de novembre 1977 à octobre 1979, c'est-à-dire la fin de la vie de Maharaj (mort le 8 septembre 1981).
On y retrouve les enseignements développés dans Conscience et Absolu, ou A la source de la conscience (parus aux Deux Océans).

Ils sont extremement directs et profonds.
A mes yeux, l'essentiel est la distinction que Maharaj fait entre conscience et absolu.
La conscience est "je suis"; c'est Brahman. Elle est Dieu, et elle fait naitre le monde. Elle est la connaissance (jnana). Elle est l'espace, sans forme et sans couleur. Elle est le guru. Elle est saguna brahman (absolu avec attributs , ici être et conscience). Le je suis est le parfum du corps.
Mais l'absolu est Parabrahman. Il est la source de la conscience, qui elle-même est la source du monde. Il est le satguru. Il est nirguna brahman (absolu sans attribut)
La conscience s'identifie ensuite avec le mental et le corps et se prend pour un homme ou une femme.
Absolu -----> Conscience (JE SUIS)------->Je suis ceci
Le point fondamental est que l'absolu NE SE CONNAIT PAS LUI-MÊME. Il n'est pas connaissance mais au-delà de la connaissance et de toute conscience.
La conscience est encore conditionnée. En fait elle est un des trois gunas (sattva) (les deux autres étant (Rajas et tamas).
Pour Maharaj, la conscience, le JE SUIS, n'est pas éternelle. Elle apparait le matin au sortir du sommeil profond, et disparait la nuit.
Voici quelques citations du livre :

"j'ai réalisé que j'étais toujours là mais sans aucune connaissance"
"Je ne suis pas la conscience; au contraire, la conscience est une nuisance pour moi"
"Tournez l'attention à la source de la conscience. Cette conscience n'est pas vraie"
"Ce qui reste une fois rejetée notre propre conscience est la vérité".
"Votre véritable identité est là avant votre connaissance."
"Cette conscience disparaitra comme une flamme s'éteint."
"La vérité n'a pas de  connaissance d'elle-même"
"Avec la naissance, la sensation "je suis" apparait. Avant la naissance cette sensation n'existait pas."
"Au réveil, la connaissance "je suis" émerge en vous et instanément crée le monde."
"Le concept "je suis" émerge à travers l'énergie de sattva guna"
"Quand vous pourrez dire "je ne sais", vous serez en parabrahman"
"JE suis est Brahman, ce qui se tient derrière est appelé parabrahman"
"Vous ête parabrahman en qui le verbe se dissout pour ne rien laisser. Lui seul est. Il n'est ni le guru, ni le disciple, ni Dieu."
"Paratman n'a même pas connaissance qu'il est"
"La conscience se dissout dans l'état de Paratman"

Certaines personnes en lisant ces textes se diront qu'en fait Maharaj ne veut pas vraiment dire que la conscience n'est pas éternelle. Il parlerait de la conscience d'être un individu. Car les courants non-dualistes contemporains font de la conscience un absolu éternel.
Pas Maharaj. La conscience (l'espace éveillé) est précieuse , elle est DIEU, mais elle n'est en fait qu'une connaissance, qu'une information.
L'absolu se tient au-delà. Il ne se connait pas, car la connaissance introduit encore une dualité.
Alors qu'elle est sa nature?
Et comment Maharaj peut-il savoir que l'absolu ne se connait pas ?
N'est-ce pas contradictoire?
Cela est contradictoire pour la pensée surement, mais non pour l'expérience.
La conscience émerge d'une Présence inconnaissable, ce que Douglas Harding appelait Mystère et Maitre Eckhart Déité, fond sans fond.
Et finalement, l'attachement à la conscience, à la connaissance d'exister, est le dernier des attachements et le plus fort.
jlr


1 commentaire:

  1. Merci Stéphane pour la publication de présentation du livre et le très bon pointage de José sur le message essentiel de ce recueil.
    Bonne lecture introspective à chacun!
    Ji-Phi

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