mercredi 18 février 2009

Entretien du 09 janvier 1980 (Ni ceci, ni cela)

Visiteur : J’ai l’impression que le christianisme conduit de la compréhension de notre fausse identité de corps-intellect à la conscience universelle, le père, mais pas au-delà !

Maharaj : Concernant le Christ, Krishna ou n’importe quel prophète il faut se demander une chose. Avant leur incarnation sous une forme corporelle, donc douée de conscience, étaient-ils ou non l’Absolu ? Quand ils se sont pourvus d’un corps, le matériau brut et tous les éléments impliqués dans cette incarnation ont été les cinq éléments, rien d’autre. L’être s’étant dressé dans ses formes incarnées n’a été que le produit de l’interaction des cinq éléments entre eux. L’être s’exprime au travers des trois gunas et subsiste tant que l’essence des cinq nourritures primordiales est présente. Quand l’être disparaît, la conscience de ces prophètes oublie leur existence et ils ne savent plus rien de ce qu’ils ont accompli dans leur être incarné.

Depuis quand et comment peut-on avoir l’expérience du monde ? Comprenez-le une fois pour toutes, on ne peut que grâce à l’être. L’expérience du monde devient seulement possible à l’apparition ou l’émergence de l’être dans ce corps composé de cinq essences de nourriture. Cet être est comparable à un télescope. Un observateur peut étudier la lune, les étoiles ou le soleil à travers son télescope, mais il n’est ni le télescope, ni l’espace que le télescope lui permet de découvrir. L’Absolu observe de même ce cosmos, ce monde constitué des cinq éléments fondamentaux. Ce qui observe est le principe éternel, non-né, appelé Parabrahman. Mais l’Absolu-témoin n’est pas l’être, n’est pas l’élément grâce auquel à lieu l’observation. Il n’est pas non plus l’univers manifesté observé. A présent une question. Dix jours avant votre naissance, que faisiez-vous ?

V : J’observais l’univers.

M : Votre réponse est fausse. Sur quoi vous appuyez-vous pour me répondre, à partir de quel niveau me parlez-vous ? Je veux vous river au niveau du télescope, vous lier à la seule êtreté mais vous vous échappez toujours. De quel télescope vous ai-je parlé ? En cet instant qui est le télescope ? Il est fait de quelque chose, il a surgi de quelque chose ! Au lieu de vous vous concentrer sur ce point vous vous éparpillez sur ceci ou cela et vous vous considérez comme possédant déjà la connaissance. N’est ce pas une sorte de télescope qui vous permet d’observer le monde ? Oui ? Hé bien vous l’Absolu n’êtes pas ce télescope, l’êtes-vous ?

V : …

M : Il faut vous ancrer à ce niveau, demeurer lié à l’être. Mais vous au contraire ne cessez de sauter ici et là abandonnant votre point d’appui. Comment pourrez-vous jamais atteindre la paix !

V : C’est là toute l’histoire, le grand drame de la vie !

M : Une telle attitude empêchera toute compréhension  susceptible de vous apporter le repos.  L’être a reçu d’innombrables noms et titres. A partir des cinq éléments la création de ce télescope, de cet être, a exigé neuf mois. Avez-vous médité là-dessus ? Vous utilisez continuellement cette fonction télescope, mais essayez-vous de l’appréhender ? Grâce à ce télescope tout est perçu et expérimenté, mais l’utilisateur de ce télescope n’est pas le télescope.

V : Selon les paroles du seigneur Krishna, il n’a jamais existé un temps où je n’étais pas…

M : Grâce au télescope – c’est à dire à l’être qui est le moyen d’expression de l’observateur – il est le témoin du monde manifesté qui est le sien. Mais lorsque le télescope et son champ d’observation ont disparu croyez-vous que l’observateur a également disparu ?

Pour affirmer qu’un objet existe deux conditions sont nécessaires. La première qu’il y ait un objet, la seconde qu’il y ait un observateur affirmant « l’objet est ». La qualité primordiale de l’être est le sentiment d’une présence consciente, d’un « je suis », connaissance intime n’ayant aucun besoin d’être formulée. Ce n’est qu’ensuite qu’apparaissent des propriétés et possibilités multiples, le témoin – l’Absolu – demeurant, lui, libre de toute qualité ou attribut et nommé pour cela « Nirguna » qui signifie « non-qualitatif », « sans-particularité ».

V : Krishna ne pouvait faire aucune déclaration tant qu’il était dépourvu de forme corporelle tout simplement parce qu’il n’y avait personne susceptible de le faire. Vous êtes bien d’accord ?

M : Bien sûr ! Krishna dans son état d’Absolu ne dispose d’aucun instrument susceptible de déclarer quoi que ce soit… et à qui pourrait-il bien s’adresser ?

Dès que vous avez bien pris conscience, bien assimilé que toutes ces allées et venues ne sont que le produit et le jeu des cinq éléments au sein de l’être, vous n’en êtes plus affecté et pouvez demeurer en dehors de tout cela. Mon attention est l’unique élément me permettant de découvrir « je suis », c’est par lui que je peux faire l’expérience du monde. Les pouvoirs supra-normaux ou quoi que ce soit d’autre susceptible d’apparaître n’ont pas d’intérêt pour moi. La question est : comment cet élément « attention », à la fois intermédiaire et moyen d’expression, existe-t-il ?

De nombreux visiteurs ayant acquis un certain savoir viennent ici souhaitant entendre mes commentaires sur leurs expériences. Mais comment pourrais-je leur parler, ils sont obstrués, coagulés dans leur savoir, emprisonnés dans leur mémoire. Qu’ils trouvent tout seul !

Un mort n’intervient plus dans les affaires d’un vivant. Celui qui a compris et assimilé l’être en profondeur n’est plus intéressé par les activités et les évènements se déroulant au sein de l’être. Nous parlons ici d’un savoir qui transcende l’être, mais qui actuellement dans le monde est intéressé par une compréhension d’une telle profondeur ?

Que vous souhaitiez participer à ces entretiens est un grand privilège. Beaucoup ayant la possibilité de le faire ne se soucient nullement de ce qui est dit ici.

V : Dans une histoire Zen, un disciple va visiter son maître et celui-ci dès qu’il le voit lui crie « Que faites-vous ici, n’êtes-vous pas encore mort ? » Raman Maharshi également disait qu’il fallait tuer l’intellect.

M : Avant tout, débarrassez-vous des paroles, des concepts, des mots, même de ceux-là. Jetez-les ! Après tout qu’est-ce que cette intelligence ? C’est simplement ce bavardage se déroulant à l’intérieur de vous. Dès le réveil le monologue commence et cela continue à jacasser tout le jour. C’est cela l’intelligence brillante derrière laquelle vous courez tous. C’est votre souffle qui est la cause de ces paroles et de ces idées, quand il n’y a plus de respiration il n’y a plus de bavardage.

V : En réfléchissant là-dessus je découvre que l’amour, la compréhension sont une même chose et je comprends aussi que cet amour est bien au-delà de l’intellect.

M : Tout ce que vous dites là demeure au niveau intellectuel. Je ne parle jamais du point de vue de l’individu, je demeure continuellement au niveau de l’ensemble du manifesté. Un individu se connaît lui-même au travers de certains concepts et selon ces concepts enregistre plaisir et souffrance, mais cette compréhension de soi est fausse. La réflexion, l’esprit qui partage en plaisir et souffrance, n’est là que pour conduire vos affaires dans le monde, exercer votre profession, calculer, etc. Il n’a pas d’autre utilité.

V : Les pratiques dévotionnelles telles que l’offrande de la flamme dans l’Arati ou les hymnes des Bahjans ont bien pour but de garder vivante notre ferveur envers Dieu et éviter la stagnation ?

M : Quelle est pour vous la signification exacte d’Arati ?

V : Amour particulier.

M : En langue marathi « Arati » signifie « nécessité particulière ». Cette nécessité est l’amour que chaque animal éprouve envers lui-même. C’est ce « besoin de l’être » qui incite chaque animal à poursuivre ses activités dans le monde. Cet amour de sa propre nature est la nature innée de chaque espèce. C’est par l’identification de chaque animal à son espèce que s’est manifestée l’instinctive crainte de « l’autre » et la fixation de cette différence entre soi et l’autre est la cause primordiale de plaisir et souffrance. Cet « amour de l’être » dévié est l’amour de soi, et qui peut prétendre ne pas s’aimer ? La nature véritable de cet amour est Atma-prem, « amour de votre source ».

Tant qu’un humain se considère comme un individu il doit subir le plaisir et la souffrance. Mais devenu un avec la conscience il n’est plus question de bonheur ou de malheur. J’ai transcendé cette individualité, c’est à dire cet état corps-intellect et je vous parle du sein de la seule conscience dynamique manifestée. Le concept même qu’un évènement bon ou mauvais puisse se produire est totalement effacé. Je ne possède pas non plus le moindre concept concernant naissance ou mort. Mon état physique actuel ne me permettrait même pas de me tenir debout si je ne m’appuyais pas sur un tel état de conscience.

Mon Nirvana est la perte totale de toute vanité concernant la personne, c’est à dire un état sans identité. Vous, vous poursuivez vos activités familiales, professionnelles et spirituelles avec une identité. Tant que vous n’aurez pas perdu cette intimité avec la personne vous serez importuné par plaisir et souffrance, passé et futur, naissance et mort. Avez-vous déjà réfléchi à ces questions ?…

Qu vous pose cette question ? C’est moi, le Sans-forme, le Dynamique, pure Conscience manifestée ! Pourquoi ne parvenez-vous à vous arracher à cette souffrance ? Vous étant contracté, rapetissé en une forme et une identité il n’es pas étonnant que vous soyez malheureux !

Vous poursuivez une quête spirituelle en conservant une mémoire optique limitée et conditionnée, il vous est donc impossible de trouver le moindre point d’appui, la moindre prise vous permettant de progresser. Quel que soit le sujet qui vous préoccupe en tant qu’entité personnalisée et non pas en tant que conscience dynamique manifestée. Ce savoir profond « vous êtes » pénètre toute chose. Il est plus pur, plus subtile que cette lumière-ci et donc connaît la source de la lumière. Tant que vous vous cramponnerez à votre mémoire individualisée il vous sera impossible de trouver la paix et la félicité.

Il existe des Yogis de plusieurs disciplines : les Japis qui récitent les noms sacrés, les Tapis qui se consacrent à d’austères pénitences etc. Apparemment ils sont engagés sur la voie spirituelle mais ils se contentent en fait d’acquérir des pouvoirs et se complaisent à faire des miracles. Ils ne peuvent plus progresser et atteindre une connaissance spirituelle réelle. De plus ils sont fiers des pouvoirs qu’ils ont acquis, de leur système particulier, de leur individualité. Tout ceci n’a rien avoir avec la spiritualité. Un domestique, doit, soit se satisfaire de son maigre salaire, soit changer de travail. De même un Jnani doit se satisfaire des trois états : éveil, sommeil profond et conscience ou bien les quitter.

En tant que Jnani je vous raconte mon histoire. A quoi peut me servir cette alternance de sommeil profond et de réveil ? Je n’en ai pas besoin. Cet univers perceptible est sans limite et infini, mais que puis-je gagner en le préservant ? A partir du moment où un sage atteint la réalisation et s’immerge dans la perfection il n’a plus de besoins d’aucune sorte. Mais un chercheur obtiendra un bénéfice immense en demeurant fixé ou simplement en se souvenant de la vie d’un sage, tant est grand le potentiel d’éveil de celui qui n’a plus de besoin. Une personne ordinaire ne peut avoir la moindre idée, le moindre soupçon de l’état d’Absolu atteint par le Jnani. Elle doit se contenter du comportement et des modes d’expression du Jnani au niveau physique, observés en tant que prolongement de son être. De toute façon un tel sage n’est ni l’expression physique, ni l’être.

Un officier porte un uniforme indiquant le régiment auquel il appartient et son grade. L’ensemble constitue l’officier, mais l’uniforme et le grade ne sont pas l’officier. Il en est de même pour ce colis de nourriture qu’est le corps. Il n’est pas vous, vous n’êtes que ce principe « je suis » habitant le corps.

Vous n’êtes pas capable de renoncer à cette identification avec le corps. C’est l’action de la grande Maya, l’illusion, c’est pour cela que vous ne vous imprégnez pas de ce que je dis.

V : Comment un Jnani sait-il qu’il a réalisé sa véritable nature ?

M : Il le sait en découvrant qu’il l’a toujours connue dans ce sentiment « je suis ». Ici, en cet instant, vous êtes dans cet état réalisé, mais vous vous efforcez de le constater au travers de vos désirs et de vos concepts mentaux, ce qui explique votre incapacité de le voir et de vous abîmer en lui.

Dans l’état Jnani – et ceci n’est qu’une façon de s’exprimer avec des mots car ce n’est pas un état – il n’existe aucun besoin de quoi que ce soit, pas même de se connaître soi-même, tandis que vous, vous demeurez attachés aux cinq sens physiques et même devenus centenaires vous imploreriez de vivre quelques années de plus !

V : N’éprouvez-vous pas de la pitié pour nous, chercheurs ignorants qui venons vous visiter ?

M : Pourquoi devrais-je ? Je suis le soleil de la science ultime illuminant à partir de sa propre évidence et je vous considère tous comme tels.

V : Quelle importance accorder à l’astrologie, aux planètes et aux bonnes et mauvaises influences ?

M : Toute chose est importante ramenée à sa juste place. Celui qui n’a pas reconnu sa véritable identité est bien entendu attiré par l’astrologie, les devins, les influences etc., mais pour celui qui s’est stabilisé dans sa vraie nature plus rien de tout cela n’a de signification. Un tel être n’est plus concerné par quoi que ce soit.

V : Il est dit que l’Absolu est éternel et hors du temps. Comment est-il possible que de ce niveau éternel ait pu surgir l’être, un état aussi éphémère et étroitement soumis au temps ?

M : Pour que puisse se manifester un état aussi temporaire il faut une cause. Un exemple : deux amis intimes vivant en bonne harmonie, un jour se disputent. Il a fallu une cause à cette querelle, une friction quelconque, un malentendu. Il a fallu de même une cause pour que l’Absolu donne naissance aux cinq éléments et à l’univers manifesté, mais cette cause initiale est au-delà de toute explication.

Tout comme les deux amis ont été séparés à la suite de leur différent et de leur heurt, les premiers éléments – espace, air, feu, eau et terre – ont été formés à partir du plus haut à la suite de leurs frictions et interactions. Le processus se perpétuant a produit une grande variété de formes aboutissant au royaume végétal et animal.

Dans le royaume végétal, appelé Vanaspati, nous trouvons des arbres, des buissons, des plantes etc., qui poussent à une certaine place et n’en bougent plus. Le stade d’évolution suivant est appelé Vachaspati. Il s’agit du royaunme animal qui abonde en germes, vers, insectes, animaux et êtres humains, espèces ayant le privilège du mouvement et de la communication. Les humains, bien que physiquement animaux, sont une espèce supérieure appelés Brihaspati. Grâce à la conscience, principe hautement évolué habitant en lui, l’être humain est à même d’acquérir intuitivement la sagesse et ensuite de transcender la conscience pour atteindre l’ultime. A la suite de ce processus, la conscience initialement conditionnée par le corps et l’intellect, devient conscience universelle justifiant ainsi le titre de Brihaspati, qui signifie « seigneur de l’immense magnitude » attribué à ce principe présent dans tout ce qui existe. Ensuite la conscience universelle se dissout dans l’Absolu.

V : N’y a-t-il pas de douleur physique lorsque le souffle vital quitte le corps ?

M : Celui qui demeure associé aux concepts souffre au moment de la mort. L’intensité de sa souffrance est liée à la nature des concepts auxquels il se raccroche. Le dévot sincère ayant confiance en Dieu, libre de tout a priori sur l’au-delà, meurt joyeusement et paisiblement comme lorsqu’il s’abandonne au sommeil. Souffrez-vous quand vous vous endormez ?

Le poète et sage Tukharam parle dans un de ses poèmes du végétal « notre ami, notre parent et aussi notre ancêtre ». Pourquoi ? Parce que l’essence des végétaux est indispensable à la création du royaume animal, le Vachaspati, comme celui-ci l’est à la création du Brihaspati, l’espèce humaine. Les dieux du ciel doivent prendre une forme humaine pour se manifester sur la terre et leur corps doit être nourri et soutenu par l’essence des végétaux. Pour devenir un saint il faut d’abord posséder un corps humain et une conscience. Pour atteindre l’état le plus haut il n’y a rien de spécial à faire. Ecoutez attentivement ce qui est dit ici et alors tout se produira comme il le faut, tout deviendra propice à votre progrès spirituel.

Je viens de vous parler de l’être issu du jeu des cinq éléments et de leur liaison au corps, essence de nourriture. Mais Vous, en tant qu’Absolu omniprésent, n’êtes pas ce corps, vous n’êtes même pas cet être dont il est la demeure. Alors pourquoi vous inquiéter de sa disparition ?

V : Etant né, nous devons mourir…

M : Un Jnani n’est pas né et il ne meurt pas. Quand le corps d’un Jnani succombe les membres de son entourage peuvent pleurer, mais c’est parce qu’ils s’identifient à leur propre corps. Ils se désolent parce qu’ils considèrent ce Jnani comme un être incarné, ce qu’il n’est pas.

V : Comment alors est-il possible que le Jnani, plongé dans le non-savoir, soit à même de communiquer avec nous ?

M : Un Jnani est appelé ainsi parce qu’il est en possession de Jnana l’être, qui subsiste grâce à un corps. Bien que demeurant en possession de Jnana un Jnani baigne dans l’état de non-savoir, dans l’Absolu. L’être et le corps constituent le média permettant au Jnani de communiquer, mais il n’est pas le langage utilisé dans cette communication.

Vous aussi pourriez être plongé dans cet état Jnani à la condition de retourner en arrière et vous maintenir dans l’état antérieur à la formation des mots. Un tel état se révèle à la frontière du sommeil profond et de l’éveil, au point d’émergence de la conscience, à son commencement, à son aube.

Cet état appelé Para-Shakti ou Para-Vani qui est la source de ce qui deviendra mots et langage. De ce niveau, qui en est le commencement, jusqu’à l’explosion vocalisée qui sort de votre bouche il existe trois autres stades qui forment en tout quatre niveaux. Le second stade est Pashyanti l’état naissant des mots mais non perceptible, organisation intangible du langage. Le troisième est Madhyama, l’état charnière où se produit la mise en forme dans une zone de l’intellect et le quatrième stade, Vaïkhari, lorsque le souffle permet l’explosion des mots hors de la bouche en expression vocale.

Para-Vani est la plus subtile forme du langage. Ici elle possède une connotation plus profonde. « Para » veut dire « l’autre », indication d’une différenciation de l’état d’Absolu tout en demeurant très proche. Un Jnani ou bien Krishna disent « Je ne suis pas le Para-Vani » parce qu’ils se tiennent au sommet. Quand je parle de Krishna ne le considérez pas comme une personne, je parle de l’Absolu.

Vous avez l’impression « d’avoir compris » lorsqu’un concept, un titre ou un nom comme celui de Krishna vous est donné, mais c’est faux ! Il faut être Krishna pour comprendre Krishna !

Para-Vani n’est pas le langage de l’Absolu puisqu’il est une résultante de l’être. Après avoir suivi plusieurs stades de développement il exprime vocalement un concept qui, si nous l’acceptons, nous possède. Au cours de ce processus nous nous identifions totalement à ce concepts et perdons notre véritable identité. 

 

Extrait de Ni ceci, ni cela, Editions Les Deux Océans, 1986

3 commentaires:

  1. « Un mort n’intervient plus dans les affaires d’un vivant. Celui qui a compris et assimilé l’être en profondeur n’est plus intéressé par les activités et les évènements se déroulant au sein de l’être. Nisa
    Ce qu’on appelle cultiver le détachement est bien souvent un faux problème, un problème mental uniquement. Seule « la vision » par elle-même, cette présence se charge de tout. Ce n’est pas l’individu qui peut se détacher, c’est « ce qu’on est » qui se détache de l’individu, les concepts se vident de leur sens simplement…..

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  2. Ai-je l'impression forte de penser que certains sages ont donnés naissance à leurs inssuent à des perroquets plus qu'à des sages?

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